Mémoire, vérité et justice en Argentine : cinq décennies de lutte (1976-2026)
Culture, Innovation pédagogique
En présence d’Ana María Careaga, victime de la violence d’État argentine et fille de l’une des Mères de la place de Mai, cet événement avait pour objectif d’interroger la place de la mémoire et de la justice, 50 ans après le coup d’État argentin du 24 mars 1976.
Cette demi-journée s’est inscrite dans un ensemble de commémorations qui ont eu lieu à l’échelle internationale autour du mois de mars 2026, et qui a permis la diffusion du documentaire Norita sur la vie de Nora Cortiñas, figure emblématique des Mères de la place de Mai et du mouvement pour les droits humains.
Alors que l’Argentine vit une période sombre qui voit grandir le négationnisme, appuyé par le discours de l’actuel président néolibéral Javier Milei, les commémorations des 50 ans du coup d’État ont réuni de nombreux manifestants à travers le monde et particulièrement à Buenos Aires. La présence des jeunes générations, particulièrement remarquée à cette occasion, ne s’est pas limitée à l’Argentine puisque les jeunes étudiants grenoblois de première et troisième année de licence LLCER espagnol ont largement répondu présents.
À travers des lectures théâtralisées de textes engagés et une représentation artistique de la chanson « La cigarra », originellement interprétée par la grande Mercedes Sosa, les étudiants de licence ont fait vivre les disparus de la dictature. Leur engagement en faveur des luttes sociales a ému les témoins présents. Ana María Careaga, ainsi que d’autres victimes de la violence autoritaire argentine, ont partagé, l’espace de quelques heures, leurs souvenirs afin de mettre en lumière les demandes actuelles de justice et de vérité. Cet échange a rendu le passé plus concret aux yeux des étudiants. Ce dernier ne se limite plus à des connaissances théoriques apprises dans le cadre de divers enseignements de licence, mais prend corps à travers le rapport humain établi entre témoins et étudiants.
Également impliqués dans une table ronde avec différents témoins de cette période historique, les étudiants ont interrogé la permanence de la violence dictatoriale sous d’autres formes. Ils ont notamment échangé avec Ana María Careaga au sujet du caractère imprescriptible des crimes contre l’humanité, de l’évolution de l’impunité et des procès, ainsi que des enjeux de la mémoire.
Cette demi-journée a rassemblé des acteurs de la société civile grenobloise, des chercheurs de diverses disciplines, de jeunes citoyens-étudiants ainsi que des acteurs de l’histoire récente argentine. Elle a rassemblé un public nombreux, interne comme externe à l’université, ce qui a permis de beaux échanges et de faire rayonner l’université par la mise en avant des étudiants (présentation d’un documentaire, représentation artistique, échanges, etc.) et des formations.
L’intérêt suscité par cet événement et les réactions émues du public étudiant invitent à renouveler l’expérience dans le même but : l’ouverture de l’université à la société et la transmission du passé.
De gauche à droite : Emilie Leroux, Ana María Careaga et Silvia Rey Troncoso
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