Atelier-rencontre avec l’écrivain argentin Néstor Ponce
La poésie comme moyen de donner de la voix aux disparus
Culture
Cet atelier de création littéraire en espagnol était centré sur l’acte d’écriture comme forme d’action, par la mise en lumière des disparus. Écrire, c’est déjà agir pour la mémoire de ceux qui ne peuvent plus dénoncer la violence qu’ils ont subie.
En Amérique latine, nombre d’États autoritaires ont employé la violence pour supprimer leurs opposants. Parmi les différentes formes de violence employées la disparition forcée fut un moyen amplement utilisé par la junte militaire Argentine, entre 1976 et 1983. C’est ce cas argentin que choisit de mettre en lumière l’écrivain Néstor Ponce dans son recueil Desapariencia no engaña. Les étudiants qui ont participé à cet atelier ont pu, grâce à l’accompagnement et aux conseils de N. Ponce, proposer leur propre texte littéraire.
L’objectif de cet atelier était, dans un premier temps, de transmettre l’histoire de l’Argentine aux étudiants des filières hispaniques. Cette histoire, qu’ils ont pu étudier dans différents enseignements, leur fut transmise par un témoin, rendant ainsi concrètes leurs connaissances.
Au-delà de cet aspect pédagogique, les étudiants ont pu expérimenter l’écriture littéraire, tout en bénéficiant de l’expérience d’un écrivain. Cela leur permet de désacraliser l’écriture et la littérature par l’appropriation de ces dernières. De plus, la publication en ligne de leurs créations est extrêmement valorisante et leur permet d’en garder trace.
De même, la collaboration entre étudiants de licence et master a favorisé les échanges entre différentes filières. Cela a permis aux plus « âgés » de transmettre leurs connaissances mais aussi leurs expériences. La co-présence d’étudiants francophones et hispanophones a produit une situation linguistique des plus enrichissantes pour ces apprenants. La désacralisation de la littérature et de l’écriture créative a ainsi accompagné et a été accompagnée par une pratique orale, par-delà la gêne que peut ressentir l’apprenant au moment de prendre la parole. La convivialité de l’atelier ayant contribué à l’effacement des angoisses présentes lors des enseignements (mal dire, etc.).
Les étudiants ont ainsi créé des cartes postales inspirées des événements traumatiques qu’ont vécu les disparus afin de leur « donner de la voix ». Celles-ci sont consultables sur : https://memoriasalpinas.blogspot.com/p/memorias-alpinas-postales-amigo-mio.html
Les enjeux sont aussi artistiques, pédagogiques qu’éthiques. Les étudiants ont ainsi réfléchi à la fragilité des démocraties et à l’exercice de la violence par l’État, ainsi qu’à la mémoire historique, à l’importance de la transmission de l’Histoire et des histoires individuelles. Ils ont également pu interroger le rôle de l’écrivain dans la société.
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